Coucou les 1000 pattes,
Ayant enfin retrouvé ma muse, voici venir le récit tant attendu des tribulations d’un mille pattes, ou plutôt de deux 1000 pattes sur les sentiers de la Saintélyon.
Tout a commencé, il faut dire 1 an auparavant lors de l’édition précédente de cette course ; Vincent a conté le magnifique exploit humain de sa course qui m’a bien sûr tout de suite alléché. A l’époque, je n’avais pas participé à beaucoup de course, la plus longue devait être de 17 ou 18 kms. Je n’avais en tête alors que le marathon de Lyon que je commençais doucement à préparer.
Après les déboires du marathon de Lyon et finalement LA PARTICIPATION AU MARATHON D’AVERMES, j’avais atteint mon objectif premier :réussir à courir les 42,195 kms d’un marathon.
Le temps du repos était venu (en même temps que les vacances estivales), et je songeais progressivement au futur : courir un autre marathon plus difficile, celui de Millau ou courir une distance plus longue comme la Saintélyon. Cette course me faisait à vrai dire un peu peur, malgré l’envie d’y participer, puis finalement au retour de nos vacances début août, j’ai pris la décision de courir la Saintélyon !
Très progressivement, j’ai repris l’entraînement. Et lorsque vint le mois d’octobre, j’ai accéléré le rythme en m’astreignant à 4 sorties par semaine. Ce fut le début de nos entraînements duo, mon coach et moi.
Eh oui, j’ai eu de la chance, celui qui m’avait inspiré cette course s’est également relancé dans une nouvelle préparation pour cette nouvelle édition de la Saintélyon, ce qui m’a permis de profiter de ses conseils et de son expérience.
Après 2 mois d’entraînement intensif (j’ai même surveillé mon alimentation, arrêté de boire de l’alcool, pas facile pour un passionné d’œnologie), Vincent et moi prîmes ENFIN la route de Saint-Etienne pour rejoindre les milliers de participants à la SAINTELYON !
Dans la voiture qui nous amenait jusqu’à Saint-Etienne, la sœur de Vincent, elle aussi inscrite pour l’évènement, nous relatait ses impressions des différentes Saintélyons auxquelles elle avait participé avec son frère.
Je restais plutôt silencieux, et commençais à me concentrer (je dois avouer que j’avais un peu le trac comme à chaque course d’ailleurs, voire un plus en réalité).
Nous arrivâmes à l’endroit fatidique ; QUE DE MONDE !!!
Il semblerait qu’il y ait plein d’autres fous comme nous pour courir 69kms dans la nuit et le froid (encore que côté froid, nous eûmes la chance de profiter d’une température clémente).
Il était à peine 23h00. Nous prîmes le temps de nous reposer, de nous concentrer, puis vers 23h30, nous sommes sortis rejoindre la ligne de départ attendre le coup de feu du départ qui devait être donné à MINUIT !
Attendre une demi-heure dehors le départ au milieu de cette marée humaine de coureurs, fit monter l’excitation à son paroxysme : j’étais comme un enfant attendant ses jouets pour Noël.
BANG !!! Enfin le départ !
Tous les coureurs s’élancent, ou plutôt piétinent dans la masse
Ca y est, nous pouvons courir un peu, la marée des coureurs s’étire doucement…
Nous partîmes (pas 500 comme dans le Cid) tranquillement tous les deux avec Vincent, puis progressivement dés qu’il fut possible de se frayer un passage entre les coureurs, nous en profitâmes pour accélérer et prendre un peu d’avance afin d’avoir plus d’espace pour courir.
Passé les 8 premiers kms sur bitume, nous trouvons enfin du chemin en terre, et les premières côtes qui se profilent, ainsi que les flaques de boue.
Nous courons cool avec Vincent, en moyenne à 11,5 km/h sans trop forcer.
SURPRISE !!! Nous dépassons Catherine la sœur de Vincent (pourtant habituée à courir à un rythme élevé) qui n’a pas de bonnes sensations et n’est pas très bien.
Je sens mon Vincent qui se dit que cette année sera la sienne sur cette course.
Je me dis que j’ai intérêt d’assurer pour ne pas le ralentir, et j’ai tendance à doucement accélérer, voire à me lâcher complètement dans les descentes (en général, je ne freine jamais et je me fais des peurs royales ; je comprends toujours pas comment je fais pour ne pas tomber, pourvu que ça dure…)
La course se déroule cool, nous passons le premier ravito au 16ème, puis le second au 22ème, le troisième au 28ème, tout se passe toujours très bien. Pas de fatigue particulière, nous maintenons une allure régulière (11.5km/h) sauf dans les côtes où nous avons plutôt tendance à marcher. J’accélère même un peu et décroche Vincent qui a dû prendre un petit coup de fatigue, léger sûrement car quelques minutes plus tard, j’entends une voix dans mon dos m’interpellant « Tu croyais me semer !!»
Bon, bon, j’avoue y avoir pensé un instant. Ah là, là sacré coach !!! Pas facile !!
Nous continuons toujours, le quatrième ravito se présente au 34ème, j’apprécie de plus en plus ces moments là.
Nous repartons sans traîner, cette fois-ci, c’est Vincent qui me sème profitant « lâchement » de mon arrêt pipi. Je suis obligé d’accélérer pour essayer de le rejoindre.
Toujours pas de Vincent à l’horizon, je commencerais presque à m’inquiéter qu’il m’ait réellement semé, puis enfin je l’aperçois, je me rapproche de lui, me met à sa hauteur et l’interpelle « Coucou, c’est moi, tu te débarrasseras pas de moi ».
Nous reprenons ensemble (INTERMINABLE CE RECIT VOUS TROUVEZ PAS ? Ca commence à ressembler à cette course)
La moitié de la course est faite, mince que la moitié ! Je trouve que ça commence à devenir un peu dur (serait-ce le fameux mur des 30 au 36/37ème kilo !!)
Maintenant, je commence à penser au prochain ravito qui est plus éloigné que les précédents, il arrive enfin au 45ème kilo ; je prends plus de temps que d’habitude pour repartir, Vincent m’attend.
Nous repartons ensemble pour un tout petit moment car là cette fois-ci il me décroche !
Et moi, pendant ce temps là, je m’accroche !
Le prochain ravito est au km 57 (c’est LONG !!!)
Je pense à 2 choses : le ravito (j’égrène les kilomètres) et à Vincent qui est devant moi (il faut que je le rejoigne !!!)
Ca y est le ravito du 57ème est enfin là, Vincent aussi mais il repart quasiment au moment où j’arrive.
Je m’oblige à faire un arrêt court, je prends des choses salées à manger car je n’arrive plus à avaler le sucré.
Tout de suite après le ravito, il y a une côte d’enfer, INTERMINABLE. Moi qui pensais pouvoir relancer la machine et essayer de rejoindre Vincent, me voici couper dans mon élan par cette fichue COOOOOTTTTE !
Tant pis, je m’accroche, j’ai mal aux cuisses, je suis obligé de marcher dans cette côte infernale, mais je ne m’arrête pas. Au contraire, j’essaie de hâter le pas et de dépasser d’autres coureurs, ou plutôt marcheurs en l’occurrence.
ENFIN, je vois le bout de cette côte, je reprends ma course avant d’être sur le plat, le fait d’avoir dépassé du monde m’a boosté, je regarde ma montre GPS et me dis qu’en m’obligeant à courir à 12km/h pendant les 4à 5 kms restants avant le prochain ravito, j’aurais une chance de recoller à Vincent.
Je me force, je pense à ma femme et mes 2 garçons Matthieu et Paul, le courage revient, l’allure, le rythme aussi !
MIRACLE !!!Qui est-ce que j’aperçois devant moi ? Je n’ose y croire, alors j’accélère pour être certain.
C’est Vincent !!! Je l’ai enfin rattrapé
Nous reprenons la course ensemble et nous dirigeons vers l’avant-dernier ravito au 63ème. Que c’est dur !! Après une bonne descente, nous voici repartis dans une côte à Fourvière, puis descente technique dans des escaliers qui font crier de douleur mes pieds.
Puis des pavés !!! Les salopards, ils veulent nous en faire baver jusqu’au bout !
J’ai les pieds en compote, tant pis j’accélère, j’ai encore plus mal mais je sais pourquoi !
Le septième ravito se profile devant nous au 63ème, plus que 6 kms et c’est la fin.
Je n’en peux vraiment plus, Vincent, lui, a un moral gonflé à bloc et il accélère, m’obligeant à en faire de même.
Je suis…
Je regarde mes pieds et le sol qui défile INTERMINABLEMENT
Vincent m’encourage, m’exhorte à ne pas lâcher prise, mais à tout donner, il accélère…
Je suis mort… enfin presque
Vincent continue de m’encourager et me dit qu’il n’y a plus qu’un kilomètre, bizarre ma montre GPS ne m’indique pas ça, mais j’ai plutôt envie de croire Vincent.
Que ce dernier kilomètre est long, et Vincent qui n’arrête pas d’accélérer sur ces maudits Quais (nous faisons plus de 11,5km/h), j’ai mal partout, et j’ai même du mal à reprendre mon souffle tant le rythme est soutenu.
Je me dis qu’en accélérant, nous serons plus vite arrivés, je pense à ma femme qui m’attend là-bas, à mes enfants, à mon pote Jalel qui m’attends aussi à l’arrivée, au passage de cette foutue ligne d’arrivée en même temps que Vincent.
Je vois une ligne droite balisée par des torches, je n’ose y croire, je demande à Vincent si c’est l’arrivée ; OUUUIII !!! Me dit-il. C’est la fin de ce foutu dernier KILOMETRE !!!
Je vois soudain ma femme et mon beau-père, ils ne nous aperçoivent pas, je crie, je fais des signes et ils me voient !!
Nous passons la ligne d’arrivée ENSEMBLE, bras dans les bras (Quoique Vincent en coureur expérimenté réussit à lancer sa jambe 20 centièmes de seconde plus tôt que moi).
Ca y est, c’est fini, nous sommes arrivés ; exténués, endoloris mais ARRIVES en moins de 7h00, en 6h52mn !!! 207ème pour Vincent et 208ème pour moi.
Vincent a même terminé 2 minutes devant sa sœur, cette année c’était lui le patron !
QUEL FINISH !! Grâce à Vincent
Je cherche à rejoindre ma femme, je l’aperçois dans les tribunes et laisse éclater ma joie.
C’est aussi grâce à elle et à son soutien comme d’habitude indéfectible !!!
Beau-Papa est même présent pour me féliciter en même temps que ma chère et tendre, il y a mon pote Jalel qui est venu, je suis vraiment ému de toutes les félicitations qu’ils me transmettent et leur suis infiniment reconnaissant pour tout leur soutien.
Ce récit se termine ENFIN, mais il est très probable dans les prochains mois que vous retrouverez encore de nouvelles tribulations des 1000 pattes de SAINT PIERRE….
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