Bon, sous la pression des 1000 pattes qui harcèlent le blog de posts, je me vois dans l'obligation de vous conter ma SaintéLyon 2008, en tant que seul représentant de notre respectable association dans cette course.
Tout commence plutôt bien le 7 décembre à 0h : température correcte, forme correcte, pates bien digérées. Je pars avec ma soeur, que j'arrive parfois à suivre jusqu'au bout (parfois même je suis devant !). Le rythme est correct, il faut faire attention à ne pas partir trop vite, comme le font la majorité des coureurs. Ils le payent en général à Ste Catherine (km 30) et abandonnent à Soucieu (km 46). Le terrain est en bitume sur 7km environ. J'ai quelques douleurs aux tendons à cause de mes chaussures de trail usées qui amortissent mal sur le bitume. Vient ensuite la boue : plus de problème d'amorti !
Premier ravito à St Cristo : Thé, pain d'épice et abricots. Je mange en marchant dans la cote qui suit le ravito (il y a toujours une cote après les ravitos à la SaintéLyon, pour la digestion …). En haut de la cote, je relance la machine et là, patatras : crampes au deux mollets. A 52km de l'arrivée … ça promet. Ma soeur est partie devant, je ne la reverrai plus, ça fait deux ans de suite, il va falloir faire quelque chose ! Je sers les dents à chaque cote, chaque relance après les glissades dans la boue. Voila que je prends mal au ventre, plus envie de boire et manger. Décidemment, c'est une bonne année !
Deuxième ravito à Ste Catherine. Mon beau frère est là. Ma soeur est à 5mn devant mais je ne me fais plus d'illusions. Je me force à manger et boire et averti mon beaufrère d'être là à Soucieu car j'abandonnerai surement. Je repars, mais je regrette quelques minutes après et envisage de faire demi tour pour le rejoindre, mais non, je ne suis pas le seul à souffrir et ceux qui n'ont pas la logistique avec eux continuent sans se poser de questions. Le terrain dans le bois d'Arfeuille est collant, boueux, très humide. On ne peut pas courir en montée, et la descente qui est d'habitude mon point fort est un vrai calvaire. La bonne nouvelle est une petite modif du tracé qui permet de gagner un peu de dénivellé avant d'arriver au ravito intermédiaire. J'enfile la veste, mets la capuche par dessus le bonnet et je me force à manger et boire dans la cote qui suit le ravito (il y a toujours …). Je crois que c'est là que j'ai décidé définitivement d'abandonner à Soucieu. Mais avant d'y arriver, il reste 7 ou 8km de route, globalement en faux plat descendant. Je récupère un peu, et j'arrive à Soucieu. Ma soeur est passée 22mn avant moi. Mon beau frère me tend mon sac avec mes vêtements secs, je regarde autour de moi tout ces mazos qui continuent. Je me force à me ravitailler. Je lui rend le sac et je repars pour cette partie qui est celle où j'ai le plus souffert ces dernières années. Ca promet.
Je continue à manger dans la descente qui suit le ravito (il y a toujours une cote après les ravito, sauf à Soucieu). A part la traversée du Garon et le parc de Chaponost, c'est 22km de bitume. Les tendinites reviennent. Paradoxalement, plus personne ne me double mais je commence même à remonter les autres concurrents, parfois même des relayeurs qui n'ont que quelques km dans les pattes. En fait la plupart des coureurs sont comme moi, exangues. Mon avantage sur eux, c'est que moi depuis 40km que ça dure, je n'ai même plus la force d'avoir mal quelque part ! Au ravito de Bonnant, je remercie mon beau frère de sa patience (ma soeur est passée 28mn devant moi) et je me force à me ravitailler dans la cote des Aqueducs (terrible !). La descente sur Lyon est une formalité, puis 4km de plat en ville, au taquet (c'est à dire pas bien vite, mais plus vite que les autres quand même), cerveau débranché. L'arrivée dans le palais des sports est un choc après le silence et le noir de la course. La douche mémorable avec des mecs qui hurlent en se baissant pour ramasser leur savon (à cause des crampes, qu'est ce que vous imaginez). Une braquette de pates et c'est reparti pour la maison.
Le résultat ? 7h14. C'est pas la peine de faire un cinéma pareil et de se plaindre tout le long pour si bien terminer. J'avoue que j'aurai aimé faire un peu mieux en souffrant un peu moins. Mais ce temps là, je suis allé le chercher plus avec la tête qu'avec les jambes. J'ai surement plus mérité mon tee-shirt finisher que les 10 premiers de la course ! Jamais je n'avais autant souffert dans une course. Au fait, vous l'avez vu le tee-shirt sur le portail de la maison en allant courir dimanche matin ? Si je me suis accroché tout le long, c'est pour pouvoir le rapporter et éviter de me faire pourrir par les 1000 pattiens auprès desquels j'avais fait le fanfaron avant la course.
Bon, je termine avec le retour à la maison. C'est la que les choses se gatent : 2h de sommeil et c'est reparti pour un spectacle musical à l'amphi 3000 (j'ai pas tout vu …) suivi de 4h de marche dans Lyon pour les illuminations : de quoi bien récupérer, surtout la descente de Fourvière à pieds par les escaliers. Je ne sais pas pourquoi, j'ai pas aimé les illuminations. J'ai préferré le défilé de Saint Pierre le 8 décembre, et le vin chaud pris avec les 1000 pattiens et pattiennes.
Aujourd'hui, c'est mardi. J'ai même plus mal nul part. A part à mon égo (cette soeur !). Encore deux ou trois jours, et je prends la décision de repartir l'année prochaine. Kikivient avec moi ?
Vincent, alias finisher improbable
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